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Communiqué de la
Coordination pour la défense des accusés iraniens
de la conférence de Berlin


Vives inquiétudes pour la vie
de sept participants iraniens à la conférence de Berlin
qui sont condamnés à de lourdes peines de prison

Finalement, dans le procès des intellectuels iraniens accusés d'avoir participé à une conférence à Berlin, les 7 et 8 avril 2000, le pouvoir judiciaire iranien vient de rendre, le samedi 13 janvier, son verdict: sept d'entre eux sont condamnés à de lourdes peines de prison et cela malgré les protestations internationales.
1. Akbar Gandji: journaliste, éditorialiste, essayiste, militant religieux rénovateur, est condamné à 10 ans de prison et au terme de sa peine à 5 ans d'exil intérieur.
2. Saïd Sadr: traducteur, ancien dirigeant de la Confédération des étudiants iraniens (CISNU), ancien militant de l'organisation Union communiste.est condamné à 10 ans de prison.
3. Khalil Rostam-Khani: journaliste à Daily News, et Iran Echo, directeur d'un centre de traduction, ancien militant de l'organisation Union communiste est condamné à 9 ans de prison.
4. Ali Afchari: intellectuel religieux rénovateur, dirigeant de l'association des étudiants: Bureau de la consolidation de l'union, est condamné à 5 ans de prison.
5. Ezatollah Sahabi: vieux militant politique, directeur du magazine Irané farda (l'Iran de demain) est condamné à 4 ans et demi de prison.
6. Mehranguiz Kar: juriste, écrivain, défenseur des réformes pour les droits des femmes, membre de l'Association des écrivains iraniens (A.E.I.) est condamnée à 4 ans de prison.
7. Chahla Lahidji: éditrice, défenseur des réformes pour des droits des femmes, membre de l'A.E.I. est condamnée à 4 ans de prison.
Le verdict concernant Hassan Youssefi Echkévari, théologien rénovateur, chercheur et journaliste, qui est jugé séparément par la Cour spéciale du clergé, n'est pas encore annoncé.

La Coordination pour la défense des accusés de la conférence de Berlin a, dès le début de cette affaire, condamné ce procès comme une mascarade et exigé l'annulation des accusations et la libération immédiate et sans condition des intellectuels incarcérés. Elle a tenu à rappeler que par l'organisation de ces tribunaux, le régime iranien se plaçait dans la violation flagrante des principes du droit de l'homme et des conventions internationales dont il est un de ses signataires.
Mais ce qui nous préoccupe vivement aujourd'hui, c'est que, d'après les information qui nous sont parvenues de l'intérieur, la vie de certains de ces prisonniers d'opinion est en danger. En effet:
1- Ezatollah Sahabi et Ali Afchari sont transférés dans une prison spéciale, en dehors des prisons officielles gérées par les organismes de répression. On sait que pour leur faire extorquer des aveux, ils subissent actuellement des pressions d'ordre physique et moral.
2- Les autorités judiciaires ont l'intention de transférer Akbar Gandji, Saïd Sadr et Khalil Rostam-Khani dans les prisons de province, respectivement à Birdjand, Bandar Abbas et Hormozégan. Celles-ci, réputées pour leur insécurité, sont spécialement assignées à la détention des prisonniers violents et rétifs, en particulier des trafiquants de drogue. Or ceux-ci peuvent être facilement manipulés pour exercer des exactions contre les prisonniers d'opinion ou tout simplement pour les éliminer physiquement.

Dans ces conditions, nous attirons l'attention des organismes internationaux et en particulier des Etats européens sur la gravité de la situation de ces prisonniers d'opinion. Nous leur demandons instamment d'utiliser tous les moyens dont ils disposent et en particulier celui d'une modulation de leurs relations diplomatiques avec la République islamique d'Iran en fonction de l'état des droits de l'homme dans ce pays, afin de faire pression sur les autorités iraniennes pour obtenir l'annulation des peines et la libération des prisonniers.

Nous considérons que la responsabilité de la vie de ces prisonniers incombe directement à l'Allemagne, pays hôte des participants à la conférence de berlin et un des fondateurs de l'Union européenne. de même, le Parlement européen est amené à réagir devant la violation flagrante des droits de l'homme en Iran.

Le procès des participants à la conférence de Berlin est en fait un anneau dans une chaîne de "tribunaux en série" mis en place par les véritables tenants du pouvoir en Iran. Par ce moyen on espère vainement d'endiguer le mouvement démocratique et citoyen qui ne cesse de se développer en Iran. C'est aussi une tentative pour détourner l'attention de l'opinion publique en Iran de la poursuite des crimes commis comme les assassinats en série, l'attaque contre le campus de l'université de Téhéran etc.

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